A l’occasion d’une interview accordée au magazine Elle, April Benayoum a évoqué sur les injures antisémites dont elle a été victime.nous revient sur cette affaire qui a été très médiatisée.

Le 19 décembre 2020, Amandine Petit était couronnée Miss France 2021. Mais une autre femme a faillé succéder à Clémence Botino. Cette participante s’appelle April Benayoum. Miss Provence a fait forte impression avec son corps de rêve. Mais, elle a été victime de multiples insultes antisémites sur les réseaux sociaux. D’origines serbo-croate par sa maman et israélien-italien par son papa, April Benayoum va être victime d’une vague de haine sur les médias sociaux. Elle a pu bénéficier du soutien sans faille du comité Miss France mais aussi de différentes personnalités face à ces attitudes inacceptables. April Benayoum a pris la décision de porter plainte.

April Benayoum a déposé une plainte

C’est le père d’April Benayoum qui l’a fortement encouragée à porter plainte. « Mon père est gendarme, il a une notion très fine de la loi, et puis c’est lui qui était indirectement concerné par ces injures antisémites. Il m’a conseillé de déposer une plainte. J’ai écouté ma famille. Et je me suis écoutée également. Je me suis dit que si je ne le faisais pas, j’allais le regretter plus tard », a-t-elle indiqué au magazine Elle. Cette semaine, la reine de beauté fait la Une du magazine avec son amie, la top model Christelle Yambayisa, victime d’attaques racistes. « Je souhaite que mon histoire personnelle serve d’exemple. Ne pas le faire, c’est cautionner ce type de choses ».

April Benayoum était bouleversée

April Benayoum a indiqué de quelle manière elle a été mise au courant de cette affaire. « Le lendemain de l’élection, je me trouvais à l’aéroport et j’ai reçu une capture d’écran d’une amie qui me montrait un commentaire sur Twitter : ‘Tonton Hitler a oublié d’exterminer Miss Provence’. J’étais totalement bouleversée mais je n’ai pas réagi tout de suite”, a-t-elle expliqué. « Au départ je me suis dit que c’était qu’une personne qui avait noté ça. Ce n’est que progressivement que j’ai pris connaissance des messages et j’étais très choquée. Je ne pensais pas qu’en évoquant uniquement ses origines géographiques, on pouvait recevoir des messages comme ceux-là ».

Une enquête est en cours

April Benayoum estime que « les gens qui diffusent ce genre de choses vivent dans un vrai mal-être. Ils ont une haine en eux et souhaitent la déverser sur certaines personnes. Je pense qu’il faut éduquer très tôt les enfants à cela, expliquer qu’on n’a pas le droit de diffuser la haine sur les réseaux sociaux. Il faut en discuter. Il ne faut plus que ce soit un thème tabou. Pour que les personnes qui sont harcelées, victimisées sortent du sentiment de honte”. Une procédure pour “injures à caractère raciste et provocation à la haine raciale” a été ouverte en décembre 2020, comme l’a précisé le parquet de Paris. L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).