Avec son dernier ouvrage, le polémiste Eric Zemmour a déjà touché 1,5 million d’euros. Mais pour l’auteur de « La France n’a pas dit son dernier mot », le voie qui se dessine est semé d’épreuve avant de pouvoir financer une éventuelle campagne présidentielle. nous fait le point à ce sujet.

Pour le moment, Eric Zemmour n’a toujours pas déclaré officiellement sa candidature à la présidence de la République française. Pourtant, les sondages lui sont très favorables.

Des sondages très flatteurs

Certains instituts de sondage placent le polémiste à 17% des intentions de voix. Mais pour mener une campagne, certains éléments sont indispensables. Il va rencontrer certains obstacles face à lui. L’écrivain presque candidat à l’élection présidentielle de 2022 obtient de très beaux scores en matière de vente pour son dernier ouvrage, La France n’a pas dit son dernier mot. Mais, même s’il est devenu millionnaire grâce à ce livre. Le quotidien, Le Parisien souligne que la route est longue au niveau financier. Une enquête du journal Libération le confirme.

Il faut savoir que les deux dernières semaines, Eric Zemmour a écoulé 130.000 exemplaires de son livre La France n’a pas dit son dernier mot. Si les chiffres restent aujourd’hui énormes, ils se tassent avec 22.000 ventes en quatrième semaine. « Difficile pour Eric Zemmour de réitérer l’exploit du ‘Suicide français’ qui s’était vendu à 450.000 exemplaires. Publié en 2014 chez Albin Michel », souligne Le Parisien. Son dernier livre est autoédité avec sa maison Rubempré, après son départ d’Albin Michel qu’il a attaqué pour rupture abusive de son contrat.

De grosses rentrées d’argent pour Eric Zemmour

Malgré des ventes qui déclinent, elles restent bonnes et le polémiste a bien négocié son contrat : « il toucherait 8 euros par livre contre 3 euros environ lorsqu’il était chez Albin Michel. Il a en écoulé 187 000 exemplaires à ce jour, ce qui lui permet de toucher la somme colossale de près d’1,5 million d’euros. »

Un beau pactole dont il a de quoi se rejouir mais pour faire une campagne présidentielle, Eric Zemmour n’a pas les mêmes moyens financiers qu’un certain Donald Trump à qui on le compare de temps en temps. Dans une enquête récente, Libération essaye de voir qui sont les soutiens financiers du polémiste et quels sont leurs moyens.

L’Association des amis d’Eric Zemmour, dont Antoine Diers occupe le rôle de porte-parole est chargé de collecter des fonds en jouant la fonction d’un mandataire financier pour le compte du mouvement : « Elle s’occupe donc de préparer le terrain en déposant les chèques qui arrivent, quelques dizaines ou centaines d’euros à chaque fois, parfois quelques milliers, sur le compte bancaire ouvert par l’association. »

Eric Zemmour, un homme qui n’est pas habitué aux campagnes électorales

Philippe Milliau, le responsable de la chaîne de TV Libertés, des entrepreneurs, fonctionnaires territoriaux ou élus municipaux sont dans les starkings blocs mais ils manquent d’expérience politique. Sarah Knafo, sa très proche conseillère et magistrate détachée de la Cour des comptes, aurait commencé des négociations avec de riches donateurs. Charles Gave, un millionnaire qui a une époque soutenu Nicolas Dupont-Aignan, a prêté 300.000€ au polémiste.

Le nom de Lazard, groupe international de conseil financier et de gestion d’actifs, est aussi cité dans l’article de Libération mais l’entourage rejette pour le moment toute implication : « Zemmour, depuis deux ans, passe sa vie à déjeuner avec des gens. Il a raté deux fois l’ENA, et il est fasciné par notre univers. Il le fait pour se rendre important, se faire mousser », explique un anonyme.

Le polémiste travaille dans tous les cas patiemment avec des rentrées d’argent certaines par le biais de la maison d’éditions Rubempré – il en est le gérant actionnaire majoritaire, possède 225 parts contre 25 pour sa femme, l’avocate Mylène Chichportich. Le couple redonne tout ou partie des bénéfices empoché « sous forme de salaires ou de dividendes, selon une optimisation fiscale légale mais millimétrée », détaille Libération.

Le grand défi d’Eric Zemmour va maintenant de récolter les fameuses 500 signatures auprès d’élus pour pouvoir se présenter à la présidentielle. Il peut compter sur des militants mais il va devoir s’employer. Par ailleurs, il va devoir aussi fonder un parti politique. Dans les jours qui viennent, il sera l’invité d’un prime time sur France 2. Zemmour est aussi très actif sur les réseaux sociaux.