Les syndicats se mobilisent chez Carrefour Market. Ils dénoncent un abus du groupe concernant le recours au chômage partiel. Pour eux, c’est littéralement du ressort du service de lutte contre les fraudes !

Carrefour Market est-elle une enseigne qui profite de ses avantages ? La mise en place des aides au chômage partiel pour les entreprises a permis à beaucoup de survivre au travers de la pandémie. Certes, les grandes surfaces alimentaires n’étaient pas fermées. Mais certains rayons, jugés non-essentiels, ont été contraint de baisser le rideau.

Ce serait d’ailleurs ainsi que Carrefour Market justifie son recours aux aides de l’Etat. Mais les syndicats sont en colère. Car, si tel est le cas, pourquoi ce sont 90 000 employés sur 110 000 qui sont mis au chômage partiel ? Qu’est-ce qui justifie une telle ampleur d’application de la mesure ? Si il ne s’agit que des quelques rayons non alimentaires du Carrefour Market, comment expliquer que ce soit la quasi totalité des salariés qui en pâtissent ?

Carrefour Market peut justifier d’une baisse de chiffre d’affaire due à la crise sanitaire ?

nous en convient, quelque chose nous échappe. Mais les syndicats de Carrefour Market comptent bien tirer cela au clair. Pour les employés des rayons fermés, ce sont deux à trois jours de chômage partiel par semaine. Pour ceux qui travaillent aux caisses ou pour les agents de sécurité, c’est un jour toutes les deux semaines. Enfin, les employés du siège sont également touchés avec deux jours de chômage partiel par semaine. Pour les syndicats, c’est une aberration. Alors, ils saisissent l’affaire et parlent de fraude aux entreprises dans les médias.

Philippe Allard, le délégué CGT Carrefour Market et drive estime que c’est un pur “scandale”. Selon lui, la fréquentation et les recettes des magasins ne sont pas impactées par la crise sanitaire. Au contraire, ce sont les seuls magasins qui n’étaient pas menacés de fermeture. Les quelques rayons non alimentaires de Carrefour Market ne pourraient alors pas justifier que plus de 80% des effectifs se retrouvent au chômage partiel, ne serait-ce que quelques jours par semaine.

Mais la direction prend note du constat des syndicats et de leur indignation. Cependant, elle ne donne pas de chiffres concernant la fréquentation des magasins Carrefour Market. Ni même sur la marge des bénéfices de l’enseigne. Olivier Guivarch, syndicaliste à la CFDT, estime qu’en l’absence de communication sur le sujet, il était donc trop tôt pour appliquer le chômage partiel sur une si grande partie des effectifs.

Les syndicats dénoncent une fraude et appellent à des enquêtes pour abus de biens publics

C’est le magazine Capital qui mettait en lumière cette affaire dans ses colonnes à la mi-novembre. Après que les représentants syndicats se soient exprimés dans les médias, radio et télévisés. Cette affaire émergeait de la fermeture effective des rayons non essentiels des supermarchés alimentaires. La direction de Carrefour Market explique également que les employés ne verraient pas de différence sur leurs salaires. Mais pour Dominique Moualek, délégué au syndicat de Force Ouvrière, le recours au chômage partiel est inadapté. Et il expliquait que les syndicats se réservaient le droit de faire appel aux autorités compétentes pour porter plainte le cas échant, pour fraude.

Selon les syndicats, il s’agit d’un abus de bien public. Mais ce serait également une décision politique. Comme le soulignait Capital, le délégué syndicaliste FO estime que c’est un tour de force imposé par Carrefour Market au gouvernement. Une pression exercée pour accélérer la réouverture des rayons non essentiels dans les supermarchés. D’autant que Carrefour Market ne serait pas la seule enseigne à faire usage de ce procédé légal à grande échelle. En effet, c’était également le cas de Monoprix, Auchan, Casino ou encore Leclerc.

Selon les analystes spécialisés dans les médias, nous ne vous cache pas que la mise en place du chômage partiel est souvent qualifié de “chantage à l’emploi”. Une façon en effet d’inciter le gouvernement à réouvrir les rayons non essentiels des magasins.

Après l’assouplissement des mesures, Carrefour Market rentre dans le rang

Aujourd’hui, les rayons non essentiels des grands magasins alimentaires sont rouverts. Sera-t-il alors possible pour le gouvernement de vérifier quelles sont les entreprises qui ont fait un usage abusif du chômage partiel ? nous vous le concède, c’est un travail titanesque qui prendra certainement de longs mois. Qui sait alors si les syndicats auront gain de cause. Carrefour Market n’est qu’une des figures des entreprises qui aurait pu en abuser. Car 90 000 employés sur 110 000 en chômage partiel pour la fermeture de quelques rayons, cela parait en effet trop important. Mais les calculs sont peut-être cohérents si l’on considère la totalité des magasins en France. Une affaire à suivre de près.