Depuis un an, la liste des lots rappelés ne fait que s’allonger de façon inquiétante. Cet insecticide dangereux se retrouve partout dans nos assiettes !

Alerte: Cela fait déjà un an que l’ONG Foodwatch tire la sonnette d’alarme. Dans nos assiettes, on retrouve en effet de façon inquiétante un insecticide dangereux. Il s’agit de l’oxyde d’éthylène. Même les produits bio n’y échappent pas ! Cette substance “sert à désinfecter les produits.” Pourtant, l’Europe l’a interdit depuis 2011 car elle est classée comme cancérogène. C’est ce que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelait encore en avril dernier au public.

L’ONG Foodwatch tient à donner plus de précisions sur les véritables dangers pour les consommateurs. “Ce désinfectant gazeux utilisé dans des pays hors UE pour prévenir toute contamination bactériologique des matières premières (salmonelle notamment) n’est pas autorisé en Europe car il est cancérogène, mutagène et il nuit à la reproduction. Des milliers de références de produits alimentaires ont été rappelées en France car elles contiennent des ingrédients traités illégalement à l’oxyde d’éthylène.”

Même les produits bio sont concernés !

Et de poursuivre : “Ça veut dire qu’ils sont non-conformes ; ils n’auraient jamais dû se retrouver dans nos supermarchés. Suite à l’alerte lancée par la Belgique en septembre 2020 sur le réseau européen, on a d’abord découvert que les graines de sésame concernées dans nos biscuits, pains, houmous et autres plats préparés provenaient d’Inde. Aujourd’hui, la Turquie s’ajoute à la liste car la farine de caroube utilisée notamment pour les glaces est également contaminée.”

La France a ainsi préféré appliquer le principe de précaution sur des milliers de références. Grâce à l’alerte de Foodwatch, la Commission européenne a pour sa part retiré les produits intégrant de la caroube (additif E410) contaminée à l’oxyde d’éthylène du marché européen.

“En Inde, faute d’infrastructures de stockage conformes aux exigences sanitaires européennes, pour désinfecter la récolte et tuer les salmonelles, on fait des fumigations d’oxyde d’éthylène”, détaille pour sa part le sénateur LR Laurent Duplomb. En février dernier, ce dernier a rendu public un premier rapport d’information sur ce problème de santé publique.

La liste n’arrête pas de s’allonger : c’est une catastrophe sanitaire

“A l’autre bout de la chaîne, lorsque le produit arrive chez nous, il tombe alors dans un système où ce sont ceux qui vont le vendre qui le contrôlent. Et quand on regarde de plus près ces ’auto contrôles’ industriels, sur 900 molécules aujourd’hui interdites ou réglementées avec des limites, environ 500 passent sous les radars, parce que faute de moyens et de volonté politique, on manque de contrôles officiels tant au niveau français qu’européen“, développe encore Laurent Duplomb.

Aujourd’hui, d’après la DGCCRF,nous atteignons désormais 9300 produits vendus dans les grandes surfaces. En juin dernier, ce gendarme de la consommation alertait sur 7000 produits. Nous n’arrêtons pas d’en découvrir de nouveau. Une véritable hécatombe !

Car ces anomalies touchent tout type de produits : des barres chocolatées aux toasts et crackers, poulets, glaces… Même les produits bio n’y échappent pas ! L’oxyde d’éthylène est notamment utilisé pour préserver le sésame ou des épices d’origine indienne. 7000 produits ont ainsi fait l’objet d’une procédure de “retrait-rappel” de la DGCCRF. Le problème, c’est que ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Alerte: “Le manque de contrôles sur les produits alimentaires est criant.“

Dans un communiqué, Foodwatch se déclare “consternée par l’origine de ce scandale : le manque de contrôles sur les produits alimentaires est criant. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant”. En juin dernier, la DGCCRF rappelait pourtant officiellement que l’utilisation de l’oxyde d’éthylène “est interdite dans l’Union européenne. En tant que produit de protection des denrées alimentaires. Et des aliments pour animaux depuis 2011”. “Comme pour toutes les autres substances classées CMR, il convient de limiter au maximum l’exposition des consommateurs à cette substance. Un risque pouvant exister sur le long terme en cas de consommation de produits en contenant”.

 

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“Des investigations sont actuellement en cours. En lien avec la Commission européenne pour identifier l’origine de cette contamination.”, précise pourtant la DGCCRF. “Nous demandons aux importateurs d’ingrédients et aux fabricants européens de renforcer les autocontrôles. Afin d’assurer la conformité des ingrédients et des produits qu’ils commercialisent à la réglementation européenne.”, clame la CLCV. En attendant, les consommateurs prennent des risques. Pour limiter les dégâts, évitez donc tout ce qui contient des graines de sésame !